Mort de Quentin Deranque: LFI sous pression après l’interpellation de 11 suspects, dont l’assistant d’un député
Onze personnes interpellées, dont l'assistant parlementaire d'un député insoumis, et une pression toujours plus forte. Les développements de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque embarrassent La France Insoumise, appelée par le gouvernement à exclure Raphaël Arnault de son groupe parlementaire.
Quentin Deranque, 23 ans, est mort la semaine dernière après son agression par plusieurs personnes cagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.
Un homme suspecté d'avoir un lien direct avec les violences, et sa compagne accusée de l'avoir aidé à se soustraire à la justice, ont été interpellés mercredi matin, portant à onze le nombre de personnes en garde à vue, a annoncé le procureur de Lyon.
Neuf personnes avaient déjà été arrêtées mardi soir lors d'opérations coordonnées dans la région lyonnaise, en Haute-Loire, dans la Drôme et dans l'Aisne.
Les onze, dont certains sont fichés S selon une source proche de l'enquête, sont entendus par les enquêteurs dans le cadre d'une garde à vue qui peut durer 48 heures.
Parmi ces suspects figurent Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ce qui a relancé le volet politique de l'affaire.
"Faire le ménage"
Raphaël Arnault est fondateur du groupe d'ultra-gauche La Jeune Garde, au coeur des suspicions dans l'enquête sur Quentin Deranque, et en cours de dissolution pour des précédentes accusations de violence.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a appelé mercredi sur franceinfo LFI à l'"exclure" de son groupe parlementaire.
Dans la même veine, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a estimé sur Europe 1/CNEWS que Raphaël Arnault devrait "démissionner".
En retour, Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a accusé le gouvernement de montrer un "mépris absolu de la séparation des pouvoirs". Il a affirmé sur X que Raphaël Arnault n'était "absolument pas concerné par l'enquête en cours".
Ces accusations dépassent de loin le cas de Raphaël Arnault et visent LFI dans son ensemble.
Maud Bregeon, qui avait déjà dénoncé la "responsabilité morale" du mouvement, a appelé à ce qu'il n'y ait "plus jamais un député LFI au sein de l'Assemblée nationale".
La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au mouvement de gauche radicale de "faire le ménage" dans ses "rangs".
Les attaques viennent même de la gauche. L'eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann a jugé "impensable" toute alliance avec LFI après la mort de Quentin Deranque.
L'ancien président socialiste François Hollande lui a donné raison en expliquant mercredi sur BFMTV/RMC qu'il "ne peut pas y avoir d'alliance" avec les Insoumis, à qui il demande de rompre "entièrement" tout lien avec La Jeune Garde.
Cette affaire, qui se produit à moins d'un mois du premier tour des élections municipales, semble sérieusement compliquer la perspective d'ententes entre les listes de gauche.
Alerte à la bombe
La France insoumise se retrouve sur la défensive, dénonçant une "instrumentalisation" de ce décès tout en tentant de prendre ses distances.
Jean-Luc Mélenchon a reconnu que son mouvement avait "fréquenté" la Jeune Garde mais insisté sur leurs "divergences". "Nous n'approuvons pas la violence", a-t-il dit.
Mais LFI "n'accepte pas les leçons" de Sébastien Lecornu, "qui visiblement a pété un câble", a-t-il ajouté.
Ses lieutenants ont eux martelé que leur mouvement n'avait aucun lien avec l'agression mortelle et que, si d'anciens membres de La Jeune Garde en sont responsables, ils doivent être punis.
Les Insoumis affirment aussi que ces mises en cause leur valent des menaces depuis la mort de Quentin Deranque.
Le siège national de La France Insoumise à Paris a dû être brièvement évacué mercredi en raison d'une alerte à la bombe, finalement levée.
Manuel Bompard a appelé les pouvoirs publics à "garantir un débat démocratique digne et sain". "Je demande maintenant que les accusations (contre LFI) s'arrêtent" car celles-ci peuvent conduire à "des menaces, des intimidations, des attaques de permanences et de locaux", a-t-il dit devant la presse.
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