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Municipales: pour le PS, une position d'équilibre délicate et une pluie de critiques

| AFP | 113 | Aucun vote sur cette news
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur le plateau de France2 à Paris le 16 mars 2026
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur le plateau de France2 à Paris le 16 mars 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

La poussée de LFI au premier tour des municipales a placé le Parti socialiste dans une position d'équilibre très délicate, après l'acceptation lundi d'une série d'accords locaux avec les Insoumis pour battre la droite ou l'extrême droite malgré la dénonciation de leurs outrances.

Ces accords exposent aussi le PS aux critiques sévères des droites et du centre qui ont dénoncé un "accord national" avec les Insoumis qui ne dit pas son nom, et le "déshonneur" des socialistes et des Ecologistes.

Difficile d'y voir clair dans la stratégie du PS. A Paris et Marseille, villes emblématiques du PS, ses candidats ont écarté avec force tout accord de second tour avec les candidats mélenchonistes, en prenant le risque de faire basculer ces villes à droite ou à l'extrême droite.

Mais dans plusieurs autres communes où les socialistes ont une faible avance, c'est la voie d'un accord qui a été choisie.

Peut-être le plus emblématique de tous a été conclu à Nantes, fief historique des socialistes, dirigé par la numéro deux du parti, Johanna Rolland.

Le PS s'associera aussi aux candidats LFI à Clermont-Ferrand, Brest, Limoges, et Toulouse. Dans la quatrième ville de France, il se placera dans le sillage du candidat LFI, François Piquemal, pour essayer de conquérir la mairie.

Municipales 2026 : 150 listes LFI dépassent 10% au 1er tour
Municipales 2026 : 150 listes LFI dépassent 10% au 1er tour ( Sabrina BLANCHARD, Luca MATTEUCCI, Laurence COUSTAL / AFP )

La direction du PS avait assuré avant le scrutin qu'il n'y aurait "pas d'accord national" avec LFI, après les "propos antisémites intolérables" de Jean-Luc Mélenchon, lorsqu'il avait ironisé sur la prononciation des patronymes juifs "Epstein" et "Glucksmann".

Interrogé sur France 2, le premier secrétaire du PS a maintenu cette position au niveau national et rappelé son "désaccord profond" avec le leader insoumis. Mais "je comprends parfaitement les choix" des candidats socialistes qui se sont alliés à LFI pour mettre en place localement des politiques de gauche, a-t-il ajouté.

"Il n'est pas question de laisser des villes à la droite ou à l'extrême droite", a aussi justifié le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, "s'il y a des clarifications politiques" de la part des candidats de La France insoumise.

Les socialistes sont également sous la pression des Ecologistes qui, de leur côté, ont ouvert largement la porte à des accords avec le mouvement mélenchoniste, comme à Lyon.

De quoi énerver certains socialistes, partisans d'une ligne dure sans compromis avec LFI, comme celle de Raphaël Glucksmann. Le leader de Place publique, positionné sur une ligne opposée à Mélenchon, a réaffirmé que ses candidats se retireraient de toute liste qui conclurait une alliance avec LFI au deuxième tour.

L'ancien président de la République, François Hollande, partage cette approche, jugeant que lorsque LFI est en tête, "la meilleure des solutions, c'est soit le retrait, soit le maintien" sans accord.

- "Sauver leurs mandats"-

De quoi fracturer le PS ? "Ceux que cela fracture, c'est ceux qui ne sont candidats nulle part", répond un cadre socialiste.

La maire socialiste sortante de Nantes Johanna Rolland, le 15 mars 2026, à Nantes
La maire socialiste sortante de Nantes Johanna Rolland, le 15 mars 2026, à Nantes ( Loic VENANCE / AFP )

"Quand il s'agit de savoir si oui ou non on file les clés de la ville à la droite, on est un peu plus souple sur les principes", justifie-t-il, prenant les exemples de Nantes et Brest.

François Hollande et Raphaël Glucksmann jouent avant tout "la carte de la présidentielle", en voulant apparaître comme les plus en opposition à Mélenchon "pour récupérer l'électorat de centre gauche", tance un proche d'Olivier Faure.

Pour lui, il ne s'agit pas de petits arrangements pour sauver des sièges. "Tout ne peut pas être vu à l'aune des intérêts personnels. Au deuxième tour on choisit la moins mauvaise solution. Je ne crois pas au discours de la pureté", relativise-t-il.

Après l'annonce de ces accords en série, les critiques n'ont pas tardé.

"Ni les saillies antisémites ni les appels à la violence politique et leurs justifications n'auront eu raison de la mission essentielle de la gauche la plus hypocrite de la terre: sauver leur mandats !", s'est indignée la leader du RN Marine Le Pen.

Quant à l'ex-Premier ministre et patron de Renaissance, Gabriel Attal, il a jugé que cette succession d'alliances correspondait de fait "à un accord national".

"L'antisémitisme dénoncé par le bureau du PS est donc inacceptable au plan national mais tout à fait fréquentable au plan local. Quelle bande de Tartuffes !, s'est indigné le président de LR, Bruno Retailleau.

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