"No kids": un rapport alerte sur l'invisibilisation des enfants dans l'espace public

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Sarah El Haïry lors d'une réunion de campagne de Foulques Chombart de Lauwe, candidat du parti de droite Les Républicains (LR) à la mairie de Nantes, le 14 janvier 2025 à Nantes
Sarah El Haïry lors d'une réunion de campagne de Foulques Chombart de Lauwe, candidat du parti de droite Les Républicains (LR) à la mairie de Nantes, le 14 janvier 2025 à Nantes ( Loic VENANCE / AFP/Archives )

Bannir les espaces "no kids": la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) préconise de développer des "villes à hauteur d'enfant", voire d'autoriser le vote avant 18 ans, pour faire plus de place aux jeunes dans l'espace public.

Ces dernières années, l'apparition dans des pays européens d'espaces interdits aux enfants ou "adults only", réservés aux adultes, dans des secteurs tels que l'hôtellerie, la restauration et les transports, a suscité des polémiques.

"La présence des enfants dans l'espace public s'est considérablement réduite depuis une quarantaine d'années", constate la CNCDH dans un avis paru lundi. Elle relève un paradoxe entre "l'intolérance croissante" envers les plus petits et "l'inquiétude accrue par rapport à la baisse de la natalité", à son niveau le plus faible en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Encore peu évoqué en France, ce phénomène "no kids" avait été critiqué en janvier, après l'annonce de la nouvelle offre de classe Optimum de la SNCF, "qui excluait les enfants de moins de 12 ans en promettant +calme+ et +confort+ aux passagers", est-il rappelé dans le rapport de cette commission consultative.

Saisie par la haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry, la CNCDH s'est penchée sur ce qu'elle qualifie d'"infantisme" pour apporter solutions et pistes de réflexion. A travers plusieurs recommandations, elle invite à "interdire les espaces no-kids lorsqu'ils ne sont pas justifiés par la nécessité de protéger l'enfant".

"Aujourd'hui, je pense que ça tombe sous le coup de la loi", a estimé Mme El-Haïry lundi sur RMC, évoquant une situation de "discrimination". "Si c'est nécessaire, s'il faut clarifier la loi, alors on la clarifiera", a-t-elle ajouté.

Malgré l'existence dans le droit français d'une législation sur la non-discrimination sur la base du critère de l'âge, Mme El Haïry a déclaré lundi devant la presse, en recevant cet avis, encourager les citoyens et les associations à mener davantage de "procédures collectives" à ce sujet.

Réduire la vitesse

"Si la jurisprudence ne va pas dans le sens très clair de la lutte contre l'interdiction du no kids, il y aura un complément de réponse législative", a-t-elle assuré. La députée Liot Constance de Pelichy avait déposé en février une proposition de loi visant à interdire les espaces excluant les plus jeunes pour aller dans ce sens.

En début d'année, Sarah El Haïry avait fait de la lutte contre les espaces "no-kids" son cheval de bataille, insistant sur le fait qu'une ville "kids-friendly" serait "bénéfique pour tout le monde", notamment pour les personnes âgées ou en situation de handicap.

Parmi les autres suggestions de la CNCDH figurent la réduction "de la vitesse de la circulation en ville et zones habitées" et la conception d'aires de jeux "en concertation avec les enfants". Toutes deux illustrent la volonté de la commission de voir se "créer des villes à hauteur d'enfant".

En matière de citoyenneté, "la CNCDH estime utile de réfléchir à l’abaissement de l’âge du droit de vote dans certaines élections locales ou même nationales", pour accroître la place des mineurs dans les politiques publiques, lit-on de même source.

Plus globalement, la Commission nationale consultative des droits de l'homme déplore une exclusion sociale des plus jeunes, perçus davantage "comme des personnes à surveiller, contrôler, récompenser ou punir plutôt que comme des êtres dont la dignité serait égale à celle des adultes".

Mme El Haïry a également lancé une deuxième édition du "Choix des familles", un label saluant les établissements ouverts aux enfants. Parents et enfants peuvent renseigner sur la plateforme éponyme jusqu'au 30 septembre le nom de leurs restaurants, lieux culturels ou sites touristiques inclusifs favoris.

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