Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

A Paris, la bataille des municipales vire au coup de billard à trois bandes

| AFP | 141 | Aucun vote sur cette news
Les candidats à la mairie de Paris (de h. en b. et de g. à d.) : Sarah Knafo (Reconquête !), Emmanuel Grégoire (Parti socialiste), Rachida Dati (Les Républicains), Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (La France insoumise), Thierry Mariani (Rassemblement national)
Les candidats à la mairie de Paris (de h. en b. et de g. à d.) : Sarah Knafo (Reconquête !), Emmanuel Grégoire (Parti socialiste), Rachida Dati (Les Républicains), Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (La France insoumise), Thierry Mariani (Rassemblement national) ( JOEL SAGET, Martin BUREAU / AFP/Archives )

A deux mois des élections municipales, Paris fait face à une équation politique inédite depuis 30 ans: une réforme du mode de scrutin susceptible de rebattre les cartes et l'hypothèse d'un second tour rassemblant trois, quatre, voire cinq candidats aux personnalités réputées irréconciliables.

Depuis l'entrée en campagne de l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo, les premières tendances dessinent un affrontement classique dans la course à l'Hôtel de Ville.

D'un côté, une droite rassemblée derrière Rachida Dati, également ministre de la Culture d'un gouvernement macroniste. De l'autre, une candidature de gauche hors LFI, unie pour la première fois dès le premier tour, portée par le socialiste Emmanuel Grégoire.

A droite, les intentions de vote oscillent entre 26% et 28%, contre 30% à 33% à gauche, selon les sondages Ifop et Elabe publiés samedi, qui n'ont toutefois pas de valeur prédictive.

Mais derrière le tandem de tête, le ballet des prétendants s'anime, comme le montre la progression de deux points (16%) de Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, désormais probable "faiseur de roi".

"La vraie question est de savoir où va aller l'électorat macroniste au second tour. Est-ce qu'il va choisir Bournazel s'il se maintient ? Est-ce qu'il va choisir l'alternance avec Dati ou aller vers Grégoire ?", interroge Philippe Moreau-Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences-Po Paris, qui parie sur une triangulaire.

Paramètre non négligeable, la candidate insoumise Sophia Chikirou recule à 10-11 %, mais demeure en position de se hisser au second tour.

A l'extrême droite, Sarah Knafo pourrait elle provoquer une quinquangulaire. Créditée de 8 à 9% dans le sillage d'Eric Zemmour, arrivé en troisième position dans la capitale à la présidentielle de 2022, elle mord sur l'électorat Dati même si elle se défend de vouloir "faire perdre la droite".

"Si la droite parvient à s'unir face à une gauche divisée, elle l'emporte. Dans le cas contraire, la gauche gagne", estime le constitutionnaliste Benjamin Morel.

"Cohabitation"

Interrogé par l'AFP, le directeur général de l'Ifop Frédéric Dabi se dit lui "très frappé par l'incertitude" du scrutin. "En 2014, la victoire d'Hidalgo ne faisait aucun doute et on voyait très mal en 2020 comment les ravages de la division dans l'opposition pouvaient la faire perdre", rappelle-t-il.

Si le sondeur se "méfie des additions", une élection "n'étant pas de l'arithmétique", la somme des voix à gauche reste "bien loin des scores précédents" et la dynamique Grégoire apparaît "encore faiblarde".

Au second tour, un peu probable duel Dati-Grégoire se jouerait dans un mouchoir de poche, les candidats étant à quasi égalité.

Mais une fusion des listes n'est pas gage de victoire, observe Anne-France Taiclet, maîtresse de conférences à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. "Knafo et Chikirou sont des potentiels d'alliance pour Dati et Grégoire, mais d'alliance à double tranchant qui peut donner des effets de déplacement de l'électorat vers le centre", incarné par Bournazel, analyse-t-elle.

Benjamin Morel croit lui en la possibilité d'une quadrangulaire, voire d'une quinquangulaire si l'appel au "vote utile" n'est pas suivi.

L'équation est d'autant plus serrée qu'elle relève d'un jeu à somme nulle: Grégoire pâtit de l'"usure du pouvoir" quand Dati subit la concurrence de Bournazel et Knafo, dont la campagne "La ville heureuse" s'efforce de normaliser l'image de Reconquête, malgré la condamnation de son président Eric Zemmour pour contestation de crime contre l'humanité.

Selon Philippe Moreau-Chevrolet, la logique voudrait pourtant qu'il y ait alternance. "Ca fait plus de 20 ans que la gauche est au pouvoir, l'électorat exprime clairement un besoin de changement et les Français ne sont pas trop regardants sur la situation judiciaire des candidats", observe-t-il, faisant référence au renvoi devant le tribunal de Rachida Dati pour corruption et trafic d'influence.

Si cette dernière paye sans doute selon lui "le fait d'avoir beaucoup d'ennemis dans son camp", le nouveau mode de scrutin, qui uniformise le poids des voix entre arrondissements, pourrait remobiliser à droite tout en avantageant la médiatique Dati, dans la mesure où les Parisiens participent plus directement à l'élection de leur maire.

Mais ce système pourrait tout autant déboucher sur une "cohabitation", selon Philippe Moreau-Chevrolet, les Parisiens glissant un bulletin à droite pour l'Hôtel de Ville tout en reconduisant leurs maires d'arrondissement de gauche.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 16/01/2026

Le socialiste Emmanuel Grégoire, candidat de l'union de la gauche hors LFI aux municipales à Paris, lors d'un meeting, le 14 janvier 2026 à Paris ( Martin LELIEVRE / AFP )Le socialiste Emmanuel…

Publié le 14/01/2026

Anne Hidalgo présente ses derniers voeux de maire à l'Hôtel de Ville de Paris, le 14 janvier 2026 ( Thomas SAMSON / AFP )La maire socialiste sortante de Paris Anne Hidalgo a dressé mercredi…

Publié le 14/01/2026

Une supérette Api en libre-service sans caissier, ouverte tous les jours, installée dans un préfabriqué en bois à Claix, le 1er décembre 2022 en Charente ( YOHAN BONNET / AFP/Archives )Un…

Publié le 12/01/2026

Emmanuel Grégoire, député du Parti socialiste (PS) et candidat à la mairie de Paris, lors d'une visite de campagne dans le 13e arrondissement de Paris le 11 janvier 2026 ( Bertrand GUAY / AFP…

Publié le 10/01/2026

Le maire sortant de Marseille, le divers gauche Benoît Payan, à Paris le 19 novembre 2025 ( JOEL SAGET / AFP )Le maire sortant de Marseille, le divers gauche Benoît Payan, se lance dans la…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/01/2026

Attention au "faux pas" sur le CAC 40 ⚠️Le marché parisien semble s'essouffler après quatre séances de baisse. Est-ce une simple respiration ou le début d'un retournement plus sérieux ?…

Publié le 16/01/2026

Le CAC40 cash a clôturé la séance en baisse de 0,19% à 8313,12 points dans un volume de 3,829 MD€.

Publié le 16/01/2026

Les métaux stratégiques se trouvent désormais au cœur des nouveaux enjeux économiques, tant ils conditionnent la transition énergétique, la révolution numérique et la souveraineté…

Publié le 16/01/2026

(Zonebourse.com) - Après une augmentation de 0,4% en rythme séquentiel en novembre (révisée d'une hausse de 0,2% estimée initialement), la production industrielle des Etats-Unis s'est accrue à…