Michelle Bolsonaro trace sa route dans la droite brésilienne

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La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, lors d'un cortège à Ceilândia, au Brésil le 12 septembre 2026
La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, lors d'un cortège à Ceilândia, au Brésil le 12 septembre 2026 ( Sergio Lima / AFP/Archives )

Durant un cortège électoral à Brasilia, Michelle Bolsonaro répond avec le sourire aux invectives d'un sympathisant de gauche: "Tu es pour Lula, moi pour Jair Bolsonaro et si on se respecte, tout se passe bien".

Candidate au Sénat lors des élections générales d'octobre, l'épouse de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) adopte un ton bien plus conciliant que son mari, coutumier des dérapages.

Elle se démarque également de son beau-fils, le candidat à la présidence Flavio Bolsonaro, engagé dans un duel serré avec le sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Elégance classique et cheveux châtains coupés au carré, cette fervente chrétienne évangélique, hyperactive sur les réseaux sociaux, est à 44 ans une figure incontournable du camp conservateur au Brésil.

Un camp privé de son mari, qui purge à domicile une peine de 27 ans de réclusion pour tentative de coup d'Etat.

La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, lors d'un meeting à Brasilia, au Brésil le 19 septembre 2026
La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, lors d'un meeting à Brasilia, au Brésil le 19 septembre 2026 ( Evaristo Sa / AFP )

Même si elle ne dévoile pas ses ambitions à long terme, elle est pressentie comme une présidentiable en 2030. C'était déjà le cas pour le scrutin de cette année, avant que Jair Bolsonaro ne décide d'adouber son fils aîné, âgé de 45 ans.

"Cette candidature au Sénat n'est que le début: aujourd'hui, Michelle est le plus grand nom politique féminin du Brésil", dit à l'AFP son frère et conseiller Eduardo Torres.

Discrète pour sa première campagne, elle est favorite pour l'obtention d'un siège à la chambre haute lors des législatives du 4 octobre, qui ont lieu en même temps que le premier tour de la présidentielle.

Auparavant, sa seule responsabilité politique était la présidence de la section féminine du Parti libéral (PL) de son mari.

"Michelle est une interlocutrice clé" auprès des femmes évangéliques, "plus réticentes que les hommes face au bolsonarisme", explique Graziella Testa, politologue à l'Université fédérale du Parana.

Clash en famille

La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, à Brasilia au Brésil le 31 juillet 2026
La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, à Brasilia au Brésil le 31 juillet 2026 ( Sergio Lima / AFP/Archives )

Michelle Bolsonaro a beau soutenir la candidature de son beau-fils, au coude à coude avec Lula dans les sondages, leur relation n'est pas des plus apaisées.

En juin, elle a jeté un pavé dans la mare en l'accusant, dans une vidéo sur les réseaux sociaux, de lui avoir "manqué de respect" lors d'une dispute. Flavio Bolsonaro lui a ensuite présenté des excuses.

Mais elle n'a participé jusqu'à présent à aucun de ses meetings. Elle se dit trop occupée par les soins prodigués à son mari de 71 ans, à la santé fragile.

Michelle Bolsonaro est sortie "renforcée" de ce clash, estime auprès de l'AFP une source du PL sous couvert d'anonymat. Et bien qu'"il reste beaucoup de temps" avant 2030, "elle a déjà un rôle de leader à droite", ajoute cette source.

"Certaines personnes de droite la critiquent car elle n'est pas restée dans la petite case dessinée par les hommes", juge la sénatrice Damares Alves, une alliée et amie.

"Belle et parfumée"

La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, lors d'un cortège à Ceilândia, au Brésil le 12 septembre 2026
La candidate au Sénat pour le Parti libéral, Michelle Bolsonaro, lors d'un cortège à Ceilândia, au Brésil le 12 septembre 2026 ( Sergio Lima / AFP/Archives )

En tant que première dame, Michelle Bolsonaro a cultivé un style de femme au foyer discrète. Selon elle, une femme de droite se doit d'être "belle et parfumée".

Elle est interprète en langue des signes, comme elle l'avait montré pour l'investiture de Jair Bolsonaro en 2019.

Militante anti-avortement, elle déclarait en 2025 à l'AFP que le féminisme s'est "tourné vers les objectifs douteux de l'agenda woke".

D'origine modeste, elle dit avoir grandi dans une "famille dysfonctionnelle", dont plusieurs membres ont fait de la prison.

"J'ai grandi au milieu des trafiquants, j'ai vu des amis mourir", a raconté Michelle de Paula Firmo Reinaldo, son nom de jeune fille.

Née dans un quartier pauvre de Brasilia, fille d'un couple mixte formé par un chauffeur de bus et une femme de ménage, elle vendait des oranges aux feux rouges quand elle avait dix ans.

Après des petits boulots, elle devient secrétaire d'un député progressiste. C'est ainsi qu'elle connaît Jair Bolsonaro, obscur parlementaire à l'époque.

Il a 52 ans, quatre fils, et vient de divorcer pour la deuxième fois. À 25 ans, elle est mère célibataire. Ils se marient quelques mois plus tard.

Après une vasectomie, Jair Bolsonaro subit une nouvelle opération à sa demande, afin d'avoir avec elle Laura - une première fille engendrée dans un moment de "faiblesse", lâche-t-il.

"C'est son style", réagira son épouse, selon le site d'information UOL.

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