Municipales à Paris: les candidats exposent leurs engagements sur le vélo
Les candidats à la mairie de Paris, à l'exception de l'extrême droite, ont exposé vendredi soir devant des associations leurs engagements sur l'avenir du vélo dans la capitale, dont la pratique a explosé sous la mandature d'Anne Hidalgo.
Presque une personne sur deux se déplace à vélo au moins une fois par semaine sur les 1.500 kilomètres de pistes que compte la ville, a rappelé en préambule Paris en selle, qui avait convié à son "grand oral" quatre des six candidats à l'Hôtel de ville, devant environ 250 personnes.
"Depuis notre premier grand oral aux municipales de 2020, le nombre de cyclistes a triplé", a expliqué à l'AFP Marion Soulet, porte-parole de l'association.
Beaucoup reste à faire, alors que le plan vélo 2020-2026 adopté par la majorité sortante n'a été mis en oeuvre qu'à 40%: répondre à une demande croissante, rééquilibrer les aménagements entre l'Est et l'Ouest (moins bien doté), rendre les voies plus respirables pour cyclistes et piétons... Et mieux les sécuriser face aux "violences motorisées" qui concernent neuf cyclistes sur dix, en s'engageant sur un objectif "zéro mort, zéro blessé", rappelle Paris en selle dont un militant, Paul Vary, a été écrasé par un SUV en 2024.
Le candidat de la gauche unie hors-LFI Emmanuel Grégoire - le seul à être venu en personne - a présenté ses mesures pour un Paris "100% cyclable", à commencer par la sécurisation des 15 voies de bus les plus fréquentées.
L'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo promet aussi une "coopérative" pour des locations abordables - notamment de "vélos cargos" - et la création d'une "vélo-école" dans chaque arrondissement.
Nouveau plan de circulation
Maud Gatel, venue représenter la candidate de LR et du MoDem Rachida Dati, a insisté sur "la qualité des aménagements" qui ont augmenté au détriment selon elle de la sécurité, en revoyant le plan de circulation.
Rachida Dati veut "continuer à augmenter les kilomètres de pistes, en les portant à 1.800 km, avec un niveau de budget adapté pour réparer une voirie en mauvais état", a critiqué l'élue du MoDem.
La candidate de droite souhaite "enfouir le stationnement" des voitures pour "reconquérir de l'espace" au profit des vélos, des piétons et de la végétalisation. Mais sans réduire la place de la voiture, ce qui a agacé l'auditoire, réuni dans les locaux d'une fondation de la Cité universitaire.
"On voit que certains sont gênés sur la réduction de la place de la voiture qui est pourtant essentielle pour faire une place au vélo", a commenté Marion Soulet.
Pour le candidat d'Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel, le haut-commissaire au Plan Clément Beaune a défendu la création d'une unité de police municipale spécialisée dans la lutte contre les infractions et le doublement du nombre de places de livraisons pour éviter qu'elles empiètent sur les pistes cyclables.
Au nom du candidat "anti-pagaille", il a aussi annoncé un plan "zéro nid de poule", dont a été récemment été victime à vélo le présentateur de la matinale de RTL Thomas Sotto.
L'écologiste Emile Meunier, représentant la candidate Insoumise Sophia Chikirou, a également souligné la nécessité "d'actualiser le plan de circulation qui date de 2007", et proposé la création d'un "service public du vélo", avec la "reprise en régie municipale de Vélib'".
Les candidats ont chacun été appelés à s'engager sur les trois axes encore non pourvus qu'ils aménageraient en priorité s'ils étaient élus en mars, citant pêle-mêle les boulevards des Italiens et Saint-Germain rive gauche, Magenta, Malesherbes ou encore l'avenue Ledru-Rollin rive droite.
La candidate de Reconquête Sarah Knafo et celui du RN Thierry Mariani n'avaient pas été conviés.
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