Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

Sassou Nguesso, "l'Empereur" du Congo qui refuse de passer la main

| AFP | 115 | Aucun vote sur cette news
Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, lors d'un entretien avec l'AFP à Dolisie, au Congo, le 1er mars 2026
Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, lors d'un entretien avec l'AFP à Dolisie, au Congo, le 1er mars 2026 ( Glody MURHABAZI / AFP/Archives )

A 82 ans, le militaire de carrière Denis Sassou Nguesso a été sans surprise désigné mardi vainqueur de l'élection présidentielle au Congo-Brazzaville, pays d'Afrique centrale riche en pétrole, qu'il dirige d'une main de fer depuis plus de 40 années cumulées.

En termes de longévité au pouvoir, il n'est dépassé sur le continent que par ses homologues de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema et du Cameroun Paul Biya.

Solide allié de la France, ex-puissance coloniale qui a perdu de son influence en Afrique, il cultive habilement ses liens avec la Russie et la Chine.

Président ? Certains l'ont surnommé "l'Empereur". Parvenu au pouvoir en 1979, à l'époque du parti unique, congédié par les urnes en 1992 lors du retour du multipartisme mais revenu par les armes en 1997, il préfère le symbole de l'éléphant qu'il arbore sur ses vêtements de campagne.

Voulant déjouer la menace d'une forte abstention et malgré son âge, M. Sassou Nguesso a enchaîné les meetings électoraux au cours de la campagne pour la présidentielle, qui s'est tenue dimanche.

Une affiche électorale du président sortant de la République du Congo et candidat à la présidence du Parti travailliste congolais (PCT), Denis Sassou Nguesso, le 28 février 2026 à Pointe-Noire, au Congo
Une affiche électorale du président sortant de la République du Congo et candidat à la présidence du Parti travailliste congolais (PCT), Denis Sassou Nguesso, le 28 février 2026 à Pointe-Noire, au Congo ( Glody MURHABAZI / AFP/Archives )

"C'est un militaire", souligne un de ses proches, admiratifs de sa longévité quand ses adversaires le voient comme un autocrate usé par le temps.

Lors d'un entretien à l'AFP début mars dans l'une de ses luxueuses résidences à Dolisie (sud), Denis Sassou Nguesso se montre affable et répond sans ciller aux critiques.

"Avant de nous reprocher (...) un manque de progrès dans le développement du pays, il faut d'abord dire qu'à l'indépendance, en 1960, le Congo n'avait pas un seul kilomètre de route bitumée en dehors des villes", rappelle-t-il.

Marxisme-léninisme

A l'époque, Denis Sassou Nguesso, né en novembre 1943 à Edou, bourgade à plus de 400 km au nord de Brazzaville, entamait la carrière militaire qui le portera au sommet de l'Etat.

Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, le 10 décembre 1979 à Bangui, en Centrafrique
Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, le 10 décembre 1979 à Bangui, en Centrafrique ( Francois-Xavier HARISPE / AFP/Archives )

Entre 1961 et 1963, il se forme à l'école des officiers de réserve de Cherchell, dans une Algérie encore française, puis à l'école d'application de l'infanterie à Saint-Maixent (ouest de la France).

Jeune officier, il participe en 1968 au mouvement qui écarte le président Alphonse Massamba-Débat au profit du commandant Marien Ngouabi, lequel veut édifier une société "socialiste" sous les tropiques, puis l'année suivante à la fondation du Parti congolais du Travail (PCT), parti unique marxiste-léniniste.

Élément clef de l'appareil sécuritaire d'un régime aligné sur le bloc soviétique, il accède à la tête de l'Etat en 1979, deux ans après l'assassinat de Ngouabi. Il concentre tous les pouvoirs jusqu'en 1992.

Battu par Pascal Lissouba lors de la présidentielle du retour au multipartisme, Denis Sassou Nguesso part pour un court exil en France.

Il revient dès 1997 au Congo, miné par les violences des milices politiques, qui font sombrer le pays dans la guerre civile.

Pas de successeur

Ses propres miliciens "cobras", appuyés par des militaires angolais, l'emportent après quatre mois de combats dans Brazzaville, qui font des milliers de morts.

Le président du Congo Denis Sassou Nguesso en campagne pour sa réelection, le 28 février 2026 à Pointe-Noire, deuxième ville du pays
Le président du Congo Denis Sassou Nguesso en campagne pour sa réelection, le 28 février 2026 à Pointe-Noire, deuxième ville du pays ( Glody MURHABAZI / AFP/Archives )

Le contrôle de l'armée et du Trésor public permet au vainqueur de la guerre civile d'instaurer un "climat de terreur" tout en achetant la fidélité des caciques du parti, affirme Clément Mierassa, opposant historique et ancien ministre.

Ces deux "piliers" assurent selon lui sa longévité, qu'il consolide à coups de réélections à chaque fois triomphales et d'une réforme constitutionnelle.

"C'est lui qui fixe les règles du jeu. La Constitution, il marche dessus", s'insurge M. Mierassa.

Rares sont ceux qui le contestent. Battus à la présidentielle de 2016, le général Jean-Marie Michel Mokoko et l'ex-ministre André Okombi Salissa, qui récusent sa victoire, purgent depuis une peine de 20 ans de travaux forcés pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat".

Ses détracteurs dénoncent son train de vie somptuaire, la corruption omniprésente, l'emprise de sa famille comme de son ethnie mbochi sur l'Etat, dans un pays dont la moitié de la population vit dans la pauvreté, selon la Banque mondiale.

Difficile à estimer, la fortune de la famille Sassou Nguesso est l'objet de plusieurs enquêtes, notamment aux Etats-Unis ou en France, où elle est au centre de l'affaire des "biens mal acquis".

La justice norvégienne a récemment inculpé deux personnes et une entreprise, soupçonnées d'avoir versé 25 millions de dollars au président congolais et à ses proches.

Longévité au pouvoir des chefs d'Etat africains
Longévité au pouvoir des chefs d'Etat africains ( / AFP )

L'ONG britannique Global Witness a accusé un de ses fils, Denis Christel Sassou Nguesso, d'avoir détourné plusieurs dizaines de millions de dollars.

Denis Sassou Nguesso, lui, nie que les ressources du pays soient "gaspillées", assurant que la manne pétrolière profite aux populations et a permis d'amener le pays "à son niveau actuel".

Les générations futures "trouveront des routes, des chemins de fer, de l'électricité, des ports", des universités et des écoles, assure-t-il.

Soulignant qu'il ne restera "pas une éternité au pouvoir", Denis Sassou Nguesso refuse toujours de se prononcer sur un éventuel successeur.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 17/03/2026

Des partisans du Parti Congolais du Travail (PCT) du président congolais Denis Sassou Nguesso célèbrent sa réélection à Brazzaville le 17 mars 2026 ( Daniel BELOUMOU OLOMO / AFP )Le…

Publié le 11/03/2026

Le ministre français des Finances, Roland Lescure s'adresse aux médias à l'issue d'un sommet des ministres des Finances du G7 par vidéoconférence à Bruxelles, le 9 mars 2026 ( Nicolas TUCAT…

Publié le 11/03/2026

Le candidat à la présidence chilienne, José Antonio Kast, à Santiago, le 14 décembre 2025, à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle ( Eitan ABRAMOVICH / AFP/Archives )Moins…

Publié le 11/03/2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 4 mars 2026, à Paris ( Thomas SAMSON / AFP )Sébastien Lecornu réunit mercredi à partir de 15H00 à Matignon les partis politiques pour les informer…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 17/03/2026

Publié le 17/03/2026

Ce matin, Tokyo a perdu 0,22%, Shanghai 0,85% et Hong Kong prend 0,16%

Publié le 17/03/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 17/03/2026

(Zonebourse.com) - Le groupe Bolloré va finalement utiliser son trésor de guerre pour récompenser directement ses actionnaires. La manne issue des cessions de Bolloré Africa Logistics et Bolloré…

Publié le 17/03/2026

(Zonebourse.com) - Les marchés se détendent, pas de "mauvaise nouvelle" ce mardi (pas d'extension du conflit, pas d'oléoduc détruit, de pétrolier coulé" et du point de vue des cambistes, il n'y…