Strasbourg: face à l'alliance LFI/écologistes, Trautmann recrute au centre droit
Face à la fusion des listes Les Ecologistes et LFI menée par la maire sortante de Strasbourg Jeanne Barseghian, la socialiste Catherine Trautmann, arrivée en tête du premier tour des municipales, a noué mardi un accord avec le candidat de centre droit, s'attirant les foudres de son parti.
"Cet accord à Strasbourg place ceux qui l'ont conclu en dehors du Parti socialiste", a réagi le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur X.
"L'histoire du socialisme c'est de faire gagner la gauche partout où c'est possible", mais pas "au prix d'alliances avec des candidats Horizons", qui "partout ailleurs en France s'allient à la droite la plus dure pour battre la gauche", a souligné M. Faure.
Sa réaction est "cohérente finalement, puisqu'il prend acte du glissement à droite de Catherine Trautmann", a réagi Jeanne Barseghian, venue en préfecture déposer une liste commune avec les insoumis.
L'ancienne ministre de Lionel Jospin "travaille main dans la main avec la droite macroniste depuis maintenant plus de cinq ans", a ajouté la maire sortante, assurant que son adversaire s'était prononcée "contre l'hébergement d'urgence, contre le logement social, contre les transports collectifs", notamment par son opposition à un projet de tram devant relier le nord de Strasbourg.
A ses côtés, Florian Kobryn (LFI) a estimé que le second tour à Strasbourg serait celui de la "grande clarification", opposant la "gauche unie" à "la droite divisée" entre "les macronistes d'un côté, avec Mme Trautmann", et "la droite républicaine" de l'autre.
Arrivée en tête dimanche, avec 25,93% des voix, Catherine Trautmann a justifié son alliance avec le candidat centriste Pierre Jakubowicz (5,10% des voix) par la volonté de former un "arc républicain" et empêcher l'extrême gauche de gagner.
"Etre d'horizons différents sur le plan politique n'empêche pas de partager un socle commun et d'avoir un projet commun", a déclaré Mme Trautmann, qui tente à 75 ans de reconquérir le fauteuil de maire qu'elle avait déjà occupé de 1989 à 1997 puis en 2000-2001.
"Mêmes valeurs"
Interrogée sur la déclaration d'Olivier Faure sur BFM Alsace, Mme Trautmann a dit lui laisser "sa responsabilité". "Moi, je prends la mienne, j'agis en toute liberté, je me suis placée au-delà des partis", a-t-elle rétorqué.
"Tout le monde sait d'où je viens. Je viens du Parti socialiste depuis très longtemps et je suis une sociale-démocrate", a ajouté l'ancienne ministre de la Culture, soulignant que tous les membres de sa liste avaient "laissé au vestiaire" leur logo et la mention de leur parti.
Arrivée en troisième position avec 19,72% des voix, la maire sortante est en difficulté face à Catherine Trautmann et au candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter, arrivé en deuxième position (24,23%).
Dans l'espoir de battre Catherine Trautmann, Mme Barseghian a annoncé lundi fusionner sa liste avec celle du candidat LFI Florian Kobryn, qui a obtenu 12,03% des suffrages.
Rallier Catherine Trautmann a coûté à Pierre Jakubowicz son investiture du parti Horizons qui a annoncé qu'il soutiendrait au second tour Jean-Philippe Vetter pour "faire gagner la droite et le centre dans le plus de municipalités possible".
M. Jakubowicz avait bien tenté des appels du pied au candidat LR, sans succès. Celui-ci a déposé lundi une liste inchangée pour le second tour, dans un souci de "clarté".
De son côté, le candidat centriste, désormais sixième sur la nouvelle liste, a justifié son ralliement à Mme Trautmann car il ne veut "pas simplement dénoncer" l'accord entre écologistes et insoumis, mais "le combattre".
"Ma responsabilité, c'est de participer à ce rassemblement pour éviter que l'extrême-gauche soit au pouvoir à Strasbourg ce dimanche soir", a-t-il expliqué.
Mme Trautmann a dit elle "assumer un front anti-LFI" en raison de la position des insoumis "sur l'antisémitisme et la manière dont ils ont cherché à racialiser cette élection".
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