Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

Bruno Lafont, ex-patron de Lafarge désormais derrière les barreaux

| AFP | 107 | Aucun vote sur cette news
L'ancien PDG de Lafarge, Bruno Lafont, le 4 novembre 2025 au tribunal correctionnel de Paris
L'ancien PDG de Lafarge, Bruno Lafont, le 4 novembre 2025 au tribunal correctionnel de Paris ( Dimitar DILKOFF / AFP/Archives )

L'ex-PDG de Lafarge, Bruno Lafont, 69 ans, dormira derrière les barreaux lundi soir, condamné à six ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014, une décision dont il va faire appel.

Arrêté dans la salle d'audience et emmené par des policiers, l'ancien patron du géant français du ciment nie avoir été informé des versements aux groupes jihadistes et son avocate a aussitôt annoncé faire appel de la condamnation et déposer une demande de mise en liberté.

Lors du procès, celui qui avait dirigé le cimentier entre 2007 et 2015 a répété avoir "dit la vérité" et être "innocent". "Si j'avais été informé plus tôt (...), j'aurais décidé de fermer l'usine plus tôt et j'aurais pu épargner toutes ces souffrances", a assuré M. Lafont.

La justice française considère au contraire qu'il a été l'"artisan" du système de paiements aux groupes jihadistes, "étant au sommet de la chaîne hiérarchique", et qu'il avait décidé de maintenir l'activité de l'usine en Syrie, faisant un "choix purement économique".

Le tribunal a fustigé la "mauvaise foi" et la "lâcheté" de l'ex-patron, le condamnant à six ans d'emprisonnement avec incarcération immédiate, et 225.000 euros d'amende.

Les paiements aux groupes jihadistes, destinés à permettre à l'usine syrienne de Lafarge de continuer à fonctionner lors de la guerre en Syrie en 2013 et 2014, ont permis à ces groupes de "préparer des attentats terroristes", notamment ceux de janvier 2015 en France, a établi le tribunal correctionnel dans son jugement.

Pur produit des grandes écoles françaises, diplômé de HEC et de l'ENA, Bruno Lafont était entré chez Lafarge en 1983 via la direction financière, avant d'en gravir les échelons.

"Bonaparte"

C'est lui qui est à l'origine de l'absorption de Lafarge par le suisse Holcim en 2015.

Cet amateur de cigarillos et chewing-gum, au ton parfois cassant, devait devenir directeur général de ce nouveau numéro un mondial du béton, avant que Holcim ne revienne sur les accords et laisse entendre implicitement qu'il ne voulait pas de ce "Bonaparte" à la tête du futur groupe, selon la presse suisse à l'époque.

Son habilité lui avait finalement permis de sauver sa tête et d'obtenir la coprésidence pendant deux ans.

Ce rapprochement franco-suisse avait été décidé en raison des difficultés du groupe.

A son arrivée à la présidence de Lafarge en 2007, en effet, Bruno Lafont s'était heurté à la crise de la construction, coeur de l'activité du groupe, qui frappait alors l'Europe.

Il avait davantage positionné l'entreprise sur les marchés émergents, où les besoins en infrastructures et logements étaient plus importants et la croissance plus forte que sur les marchés matures. Des choix risqués, cependant: quelques années après des investissements conséquents en Egypte, le printemps arabe paralysait l'économie du pays.

Bruno Lafont avait aussi procédé à plusieurs cessions pour réduire la lourde dette de 16 milliards d'euros, afin d'améliorer la note de l'entreprise auprès des agences de notation.

Mais l'ampleur de l'endettement l'avait finalement conduit à la conclusion que son groupe ne pouvait pas faire cavalier seul.

Il aurait pu s'allier à des concurrents comme l'allemand Heidelberg Cement ou le mexicain Cemex, mais avait choisi le suisse Holcim pour une "fusion entre égaux" afin de créer un colosse mondial du ciment.

"J'ai proposé plusieurs fois à Lafarge de fusionner. Mais ils ont préféré devenir suisses avec Holcim", avait aussi confié à l'AFP Jean-Louis Beffa, l'ancien patron de Saint-Gobain, également présent sur le marché des matériaux de construction.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 13/04/2026

L'ancien PDG de Lafarge, Bruno Lafont, arrive au tribunal correctionnel de Paris le 13 avril 2026 ( Behrouz MEHRI / AFP )Un ex-patron du CAC 40 en prison: dans une décision retentissante, le…

Publié le 07/04/2026

Bill Ackman, fondateur et dirigeant de Pershing Square, le 6 mai 2025 à Beverly Hills (Californie) ( Patrick T. Fallon / AFP/Archives )La société d'investissement américaine Pershing Square,…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 13/04/2026

Sur le plan statistique : Etats-Unis : 16h00 Ventes de logements existants de mars (-2% attendu à 4,01 millions) Du côté des entreprises : France : LVMH Chiffre…

Publié le 13/04/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font…

Publié le 13/04/2026

(Zonebourse.com) - Le spécialiste français des semi-conducteurs a publié de très bons résultats annuels 2025, confirmant le succès de son introduction en Bourse. Portée par l'essor de…

Publié le 13/04/2026

(Zonebourse.com) - Les rumeurs d'un possible accord sur un renoncement aux capacités d'enrichissement de l'uranium par l'Iran contre une levée des sanctions US a partiellement rassuré Wall Street (…