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A Nantes, une alliance droite-centre attaque le bilan sécuritaire de Johanna Rolland

| AFP | 119 | 5 par 1 internautes
Johanna Rolland, maire sortante de Nantes et candidate du Parti socialiste à sa réélection, lors d'une conférence de presse à Nantes, le 2 février 2026 en Loire-Atlantique
Johanna Rolland, maire sortante de Nantes et candidate du Parti socialiste à sa réélection, lors d'une conférence de presse à Nantes, le 2 février 2026 en Loire-Atlantique ( Sebastien Salom-Gomis / AFP/Archives )

Socialiste depuis 37 ans, incarnée depuis 2014 par la numéro 2 du PS, la mairie de Nantes est convoitée par une alliance de la droite et du centre qui pourfend notamment le bilan sécuritaire de Johanna Rolland.

Encore inconnu des Nantais il y a quelques mois, Foulques Chombart de Lauwe, investi par Les Républicains, fait campagne pour les municipales aux côtés d'une colistière MoDem, la haute-commissaire à l'Enfance et ancienne députée de Loire-Atlantique, Sarah El Haïry. En cas de victoire, celle-ci deviendrait présidente de la métropole.

Décidé à "virer Johanna Rolland", le candidat de 46 ans est apparu en meeting en janvier aux côtés de Bruno Retailleau, patron de LR, Aurore Bergé, membre du gouvernement et ex-députée Renaissance, et Christelle Morançais, présidente Horizons des Pays de la Loire.

Des figures "importantes pour crédibiliser (sa) démarche", note le candidat, conseiller municipal d'opposition depuis 2020. "Maintenant, ce que veulent les gens, c'est un maire courageux. L'étiquette, ils me le disent, ils s'en fichent", assure-t-il.

Se donnant pour "priorité" de "remettre de l'ordre" à Nantes, Foulques Chombart de Lauwe veut tripler la vidéoprotection, armer la police municipale et mutiplier ses effectifs par deux.

"Johanna Rolland, pour des raisons idéologiques, avec ses alliés, apporte 5% de la réponse qu'il faut apporter", estime-t-il. Selon lui, la maire sortante est une "héritière qui gère mal l'héritage" du socialiste Jean-Marc Ayrault, édile nantais de 1989 à 2012.

"Favorite"

Dans ce bastion du PS, "la seule façon pour la droite et le centre d'avoir une petite chance d'inquiéter Johanna Rolland c'était d'arriver unis", analyse Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS et à Science Po Rennes. Mais la maire sortante reste selon lui "favorite".

"Comme dans d'autres villes, il faut voir le rôle que va jouer la sécurité. Si elle devient vraiment la préoccupation principale, on peut imaginer qu'il y aura un petit effet pour la droite, voire pour le Rassemblement national", poursuit-il.

Le candidat RN Jean-Claude Hulot dénonce l"ensauvagement" de la ville et pointe du doigt le "déni socialiste".

En tête d'une liste de la gauche unie (hors LFI qui présente un candidat insoumis, William Aucant), la maire de Nantes se dit "fière" d'avoir engagé "très tôt" un dialogue entre onze partis, dont le PS, les Ecologistes, le PCF et Place Publique, "dans le respect, le débat et la franchise".

En 2020, la socialiste ne s'était alliée qu'au second tour avec les écologistes. Leur liste commune avait finalement raflé près de 60% des voix, loin devant celles des candidates de droite (27%) et du centre (12%) qui n'avaient pas réussi à s'entendre.

Dans son local de campagne, des affiches colorées reprennent ses priorités: pouvoir d'achat, accès au logement, écologie et sécurité. Elle a doublé le nombre de policiers municipaux au cours de son mandat et entend leur créer un poste fixe en soirée dans deux quartiers de la ville.

"Adversaire de Nantes"

Interrogée sur l'alliance entre la droite et le centre formée par M. Chombart de Lauwe, Johanna Rolland dépeint un candidat "très à droite" et "rétrograde". "Plus le temps passe, plus il devient un adversaire de Nantes. Je ne le laisserai pas faire: notre ville mérite d'être protégée contre celles et ceux qui veulent l'abîmer", affirme la maire sortante.

Opposé au choix d'alliance de Renaissance, un candidat présentera une liste "divers centre": Mounir Belhamiti, ancien député du camp présidentiel (de 2022 à 2024), qui trouve "incohérente" la décision du parti qu'il a quitté depuis.

Il veut former "un rassemblement large, qui fait fi de ces considérations parisiennes, des calculs d'arrière-boutique qui n'intéressent personne", affirme-t-il.

Trois autres candidats se sont déclarés à Nantes: Margot Medkour (Nantes Populaires), Alexandre Gauvin (NPA - Révolutionnaires) et Nicolas Bazille (Lutte ouvrière).

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