L'heure de la rentrée pour 850.000 professeurs

Plus de 850.000 enseignants reprennent le chemin des classes pour une journée de pré-rentrée vendredi avant l'arrivée de leurs élèves lundi, dans un contexte de nouvelle incertitude gouvernementale et de pressions budgétaires.
"Une rentrée de la pénurie", dénonce Sophie Venetitay, secrétaire général du SNES-FSU, principal syndicat du second degré.
A l'inverse, la ministre de l'Education nationale, Elisabeth Borne, promet que cette rentrée "se fait avec des moyens constants, un nombre de postes de professeurs constant, alors même qu'on a une baisse de plus de 100.000 élèves" à cause de l'attrition démographique.
Le Premier ministre, François Bayrou, qui risque de voir son gouvernement tomber le 8 septembre lors d'un vote de confiance à l'Assemblée nationale qu'il a peu de chances d'obtenir, veut 3.000 postes publics en moins dès 2026.
Les syndicats d'enseignants sont vent debout pour éviter des suppressions de postes dans l'Education nationale.
Ils n'ont pas encore décidé s'ils se joindraient au mouvement "Bloquons tout" le 10 septembre mais en prélude, la ministre a été accueillie à Angers jeudi par une quarantaine de manifestants.
Magali, professeure de lycée de 48 ans, s'est agacée qu'Elisabeth Borne fasse "tout un truc sur les formations, l’intelligence artificielle", mais "tout ce qu’on veut, ce sont des moyens humains".
Face à la perte d'attractivité de la profession, Mme Borne a lancé ces derniers mois une réforme de la formation initiale qui ouvre les concours de l'enseignement du premier et second degré à Bac+3 au lieu d'un niveau master.

En visite au collège Jean-Mermoz d'Angers vendredi pour la pré-rentrée, elle a échangé avec des enseignants, certains exprimant des inquiétudes sur la remise en cause de la laïcité par leurs élèves.
"Il faut réfléchir sur comment convaincre nos jeunes que c'est une loi de liberté", a répliqué la ministre.
Des enseignantes-stagiaires se sont aussi dites préoccupées de la mutation professionnelle.
"Un très gros sujet pour l'Education nationale" pour concilier "un professeur devant chaque classe" et en même temps Mme Borne a évoqué des "progrès à faire" pour tenir "compte de l'évolution des profils" des enseignants.
Un prof devant chaque classe?
Elle s'est voulue rassurante sur le fait qu'il y aurait bien un professeur devant chaque classe: "On peut être confiant, évidemment ça n'évitera pas quelques situations particulières".
Pour Sophie Venetitay, il manque toutefois encore entre 5.000 et 6.000 enseignants.

D'après la responsable syndicale, les personnels "connaissent une importante crise de sens de leur métier". Elle cite une consultation auprès des membres de son syndicat selon laquelle "deux tiers des collègues ont pensé ces deux dernières années à la démission", pour près de moitié en raison d'une "dégradation de l'école publique".
Le SNES-FSU déplore aussi une absence de revalorisation des salaires en 2025 et en 2024. D'après une note de la Direction des études statistiques du ministère (Depp), un enseignant à temps complet gagnait en moyenne 3.010 euros net en 2023.
Outre les nouveaux programmes d'éducation à la vie affective et sexuelle (Evars), les enseignants des 58.100 écoles et établissements du second degré doivent se familiariser pour cette rentrée avec de nouveaux programmes de mathématiques et français dans le premier degré et à une initiation à l'intelligence artificielle entre autres.
Une réforme du contrôle continu pour le bac, qui fait déjà grincer des dents les syndicats, doit aussi être présentée aux enseignants vendredi.
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